Bruxelles (UE)
de notre correspondant
Que s'est-il réellement passé lundi soir à Bruxelles lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les douze ministres des Finances de la zone euro ? Le président de la République, lors de la conférence de presse qu'il a tenue vers 20 h 15, en compagnie de Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe et Premier ministre du Luxembourg, a affirmé que tout s'était bien passé - «il y a eu un consensus assez général de satisfaction» - et que ses partenaires lui avaient donné quitus pour sa politique économique. Les médias français, à la différence des journaux étrangers, ont globalement répercuté ce message.
«Lest».Or la réalité est un tantinet différente. «Le visiteur du soir», comme l'a appelé ironiquement Juncker, s'est fait au contraire sérieusement sermonner par l'ensemble des ministres des Finances présents, sans égard pour son rang, et il a dû prendre toute une série d'engagements pour les rassurer. «Nicolas Sarkozy ne s'attendait manifestement pas à cette levée de boucliers», raconte un témoin : «Cela a été un feu nourri contre la France. Tous les ministres se sont exprimés pour lui dire leur inquiétude.»
Un accrochage tendu a même eu lieu avec Peer Steinbrück, le grand argentier allemand, furieux de voir la France distribuer 13 milliards de cadeaux fiscaux et renvoyer l'équilibre des comptes publics à 2012, à la fin du quinquennat, alors que les treize pays de la zone euro se sont engagés