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La valse inévitable des étiquettes du camembert

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Ce fleuron de la production française risque de pâtir de la revalorisation de 4,9 % du prix du lait décidée cet été par la profession.

Publié le 27/07/2007 à 8h56, mis à jour le 27/07/2007 à 8h56

Saint-Loup-de-Fribois (Calvados) envoyée spéciale.

Suant dans un local maintenu à 38 °C, une dizaine de femmes en blouse blanche et bottes moulent le camembert à la louche, un geste répété cinq heures d'affilée. Le lait ainsi versé dans des cylindres au diamètre du camembert, caillé au préalable puis salé et stocké dans des caves, constitue 98 % du produit fabriqué chez Graindorge, une fromagerie du Calvados fière de son authentique camembert de Normandie AOC.

Omerta. Avec une revalorisation du prix du lait payé au producteur de 4,9 % décidée cet été par la profession, l'impact pour le transformateur est de taille. «Oui, c'est un coup dur, reconnaît Arnaud Lemoine, porte-parole de la fromagerie Graindorge. Une hausse de 5 % sur un ingrédient qui représente 98 % du produit, forcément.». Il n'en dira guère plus. Omerta sur les coûts, «nerf de la guerre» dans la bataille pour la hausse de prix.

«L'augmentation des coûts de revient est taboue, explique Jehan Moreau, directeur de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). On ne la donne pas au niveau particulier. Mais, globalement, si vous appliquez aux 27 milliards de litres de lait produits par la France cette hausse de presque 5 %, soit environ 13 euros de plus pour mille litres, qui cotent actuellement 270 euros sur le marché, vous obtenez un ­surcoût considérable.» de 351 millions d'euros.

Sans plus attendre, un tel choc du prix de la m

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