Il n'est pas fréquent, pour ne pas dire jamais vu, que Microsoft morde à ce point la poussière. Alors que le leader mondial de l'informatique avait jusqu'ici toujours réussi à éviter qu'une juridiction quelconque ne vienne remettre drastiquement en cause sa politique commerciale, le tribunal de première instance (TPI) auprès de la Cour de justice européenne de Luxembourg a infligé hier une défaite inédite au géant américain.
Huit ans après le début du titanesque dossier «Microsoft contre l'Union européenne», les magistrats ont largement confirmé le bien fondé de la condamnation de la multinationale pour «abus de position dominante» prononcé en mars 2004 par la Commission de Bruxelles. Oui, a tranché le TPI, Microsoft a bien abusé de son «quasi-monopole sur le marché des systèmes d'exploitation [dont il équipe 95 % des ordinateurs individuels, ndlr] afin de restreindre la concurrence». Oui, a-t-il jugé, les mesures correctives imposées par Bruxelles pour remédier à cet état de fait étaient entièrement justifiées.
Record. L'effet le plus immédiat d'une décision étayée en plus de 100 pages est d'entériner l'amende record (777 millions d'euros au total) infligée par les autorités européennes à la firme fondée par Bill Gates. Mais l'essentiel est ailleurs, comme le résume François Lévêque, professeur d'économie à l'école des Mines de Paris : «Le TPI a considéré que la situation exceptionnelle qui est celle de Microsoft sur son marché légitimait parfai




