Le Caire
de notre correspondante
Pas de ramadan sans yameesh. Figues, raisins, abricots et dattes séchés sont parmi les symboles du mois sacré, qui s'achève vendredi, et Ahmed Ali n'entend pas déroger à la tradition. Mais devant les piles de fruits secs qui s'entassent en camaïeux de brun devant les magasins du Caire, ce fonctionnaire fait ses comptes : yameesh, viande, légumes. l'addition est lourde. Pour célébrer dignement l'iftar, la rupture du jeûne, un mois durant, Ahmed Ali a bien tenté d'économiser. En vain. «Les prix ont augmenté, mais le salaire n'a pas changé. C'est de plus en plus difficile de tenir. J'ai trois enfants, et je gagne 600 livres égytiennes par mois [80 euros, à peu près le salaire moyen, ndlr]. Tout mon budget en temps normal passe dans l'alimentation. Pendant le ramadan, je dois acheter à crédit. La viande, le poulet, le poisson, j'évite.»
Subterfuges. En cette période de surconsommation, la demande est forte : la hausse des prix est un des traditionnels corollaires du ramadan. Mais, depuis deux ans, la situation empire. Les conséquences d'une inflation avoisinant 12 %, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Investissement lors de la conférence Euromoney, début septembre au Caire (lire ci-contre). Ces derniers mois, les produits de base - riz, huile, viande - ont augmenté de 10 à 30 %. La farine a pris quasi 25 %. «Il y a de la farine partout, cela joue sur le prix du pain, des pâtes et des pâtisseries»,




