Le Caire
de notre correspondante
Plus de 7 % de croissance du PIB, des investissements étrangers en hausse, passant de 700 millions à 11 milliards de dollars (de 500 millions à 8 milliards d'euros) en trois ans et des félicitations de la Banque mondiale qui classe l'Egypte en tête des pays réformateurs.
Ces bons points réjouissent Ahmed Nazif, le chef du gouvernement égyptien. Or ce satisfecit ne parvient pas à masquer les difficultés croissantes que connaît ce pays émergent.
Outre la hausse des prix et les pénuries d'eau potable qui ont sévi tout l'été, les grèves sans précédent qui éclatent dans les entreprises sont venues souligner un climat social délétère. La majorité des Egyptiens se sent exclue des retombées d'une réforme économique impulsée par les hommes d'affaires proches de Gamal Moubarak, fils du Président et successeur potentiel.
Un problème que reconnaît le gouvernement. «C'est toujours le cas quand on passe d'une économie centralisée à une économie de marché, ce sont les classes supérieures qui en bénéficient davantage dans l'immédiat, et les gens se sentent légitimement un peu inquiets», a expliqué à Libération le Premier ministre, Ahmed Nazif. «Nous devons leur expliquer que c'est pour de vrai, qu'ils vont en sentir les bénéfices. Si la réforme les aide à obtenir de meilleurs emplois, donc de meilleurs revenus, ils peuvent avoir de l'espoir.»
Un message relayé par le ministre de l'Investissement, Mahmoud Mohieldine. «Nous devons trav




