Menu
Libération
Reportage

Le Kenya passe ses ordures au poêle

Réservé aux abonnés

Publié le 15/10/2007 à 0h47

D'épaisses fumées nauséabondes se dégagent du chemin boueux, parsemé de détritus. Peaux de banane, boîtes de conserve, sacs en plastique. A Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi (800 000 personnes), aucune collecte des déchets n'est organisée par la municipalité, qui a laissé à l'abandon ces quartiers d'habitats aux murs en terre et toits de tôle. Chaque jour, pour tenter d'éliminer les tas d'immondices, la population les brûle, à même le sol, devant les échoppes ou les habitations, après avoir vaguement sélectionné les matériaux recyclables, verre, ou os de poulet qui servent à fabriquer quelques objets d'artisanat. Selon les Nations unies, Nairobi produit chaque jour 3 000 tonnes de détritus, dont 70 % dans les bidonvilles, soit un million de personnes contraintes au quotidien de patauger dans des cloaques de boue et de saleté. «C'est la seule manière qu'ils ont de s'en débarrasser, mais respirer cette fumée provoque des maladies, des infections», observe Mumo Musova.

Cuisinière géante.Pendant huit ans, cet architecte a mis au point, avec une ONG kényane, Umande trist («aube nouvelle» en swahili), une invention qui pourrait à terme révolutionner le problème de la collecte des ordures dans ces quartiers insalubres, où l'on vit avec moins d'un dollar par jour. Le projet est pour le moment à l'état de test, dans un secteur du bidonville appelé Lainasaba Kibera (50 000 personnes). Sur trois paliers grillagés, sont entreposés des déchets qui sèchent à l'air libre av

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique