Les marchés financiers ont une capacité de rebond étonnant. Deux mois seulement après le déclenchement de la crise des crédits à haut risque, un mois à peine après la quasi-faillite de Northern Rock - la banque hypothécaire britannique -, les subprimes font bien moins peur. Vendredi, cette nouvelle a trouvé confirmation via deux indicateurs. Le premier concernait le niveau d'emprunt interbancaire à trois mois dans la zone euro. Ce taux - le Libor - a enregistré sa semaine de baisse la plus marquée depuis juin 2003 et il a fini la séance à son plus bas depuis le 22 août, à 4,68375 %. Le deuxième est venu de la Banque centrale européenne. La BCE a fait savoir qu'elle avait retiré 30 milliards d'euros du marché monétaire à court terme, qui n'en avait plus besoin.
Et dire qu'il y a seulement trois semaines, tous les banquiers de la planète espéraient très fort ne pas découvrir dans leurs comptes ou ceux du voisin des effets de la crise des subprimes ! Ils avaient si peur de voir leurs collègues faire faillite qu'ils refusaient de se prêter de l'argent entre eux, augmentant les risques d'une nouvelle crise, et obligeant les banques centrales à jouer leur rôle de préteur en dernier recours. Que s'est-il passé entre-temps ? Le suspense a pris fin concernant les pertes réelles des banques. Les plus grands établissements financiers de la planète ont publié leurs comptes trimestriels. Ils n'étaient pas bons - Merrill Lynch a déprécié de 5 milliards d'euros la valeur de son portefeuille




