Correspondance à Bruxelles
Bruxelles s'apprête a donner le top départ de la révision de la politique agricole commune (PAC). La Commission européenne publie aujourd'hui un «bilan de santé» de la PAC. Objectif : soumettre ses pistes de réforme au débat, pendant six mois, pour faire des propositions législatives en mai. Deux lignes de force se dégagent du document que Libération s'est procuré : rendre l'agriculture plus compétitive et plus respectueuse de l'environnement.
Etat d'esprit. Il ne faut pas s'attendre à une révolution, a déjà prévenu la commissaire chargée de l'Agriculture et du Développement rural, Mariann Fischer Boel. Pour Bruxelles, l'exercice vise avant tout à amplifier la grande réforme de 2003, à s'adapter à l'arrivée de douze Etats membres depuis 2004 et à prendre en compte le contexte mondial de flambée des prix agricoles. Ces ajustements se feront d'ailleurs à dépenses constantes, la France ayant obtenu en 2002 un gel du budget agricole jusqu'en 2013. Ce n'est qu'à cette date que la véritable remise à plat sera à l'ordre du jour.
Pour autant, les mesures envisagées sont loin d'être anodines et leur philosophie reflète bien l'état d'esprit de Bruxelles pour l'avenir. Première d'entre elles, le «découplage» des aides. Au coeur de la réforme de 2003, cette mesure vise à ne plus attribuer les aides qu'en fonction des volumes de production et à les subordonner au respect de normes en matière d'environnement, de sécurité alimentaire ou encore de bien-être de




