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Libération
Reportage

ArcelorMittal lamine Gandrange

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Publié le 17/01/2008 à 1h59

Gros chambard hier après-midi dans les locaux du site ArcelorMittal de Gandrange (Moselle). Le comité d'entreprise (CE) extraordinaire qui s'y tenait n'aura duré que quelques minutes, le temps pour la direction d'officialiser son plan de fermeture, d'ici à 2009, de l'aciérie électrique et du train à billettes.

Dans la foulée, les 400 ouvriers rassemblés à l'appel de l'intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGC envahissent la salle de réunion, en criant et en tapant du poing sur les murs. Le directeur général, Bernard Lauprêtre, est assis en bout de table, visage fermé, un brin inquiet. Le plan qu'il a dévoilé prévoit 595 suppressions de postes sur 1 108 à Gandrange chez le numéro 1 mondial de l'acier. Plus de la moitié du personnel. «En comptant les intérimaires, les sous-traitants et les co-traitants, il faut encore ajouter une centaine de personnes», calcule Marcel Thill, secrétaire CFDT du CE. Encerclant le directeur, parfois juchés sur les tables, les ouvriers le dominent et l'interpellent. «Il y a des familles et des enfants en jeu !» «Il y a des crédits à rembourser !» «Il s'en tape lui, il gagne je sais pas combien, et nous, on crève à 1 300 euros par mois...» «Sortez ce bouffon, il a tué le site !» «C'est quoi la prochaine usine qui va couler ?» «C'est sa maison qui va couler...»

Vitrine. Mohamed Aichouba, militant CFDT, tente de calmer le jeu. Il s'adresse à Bernard Lauprêtre : «Je vous demande de nous répondre clairement, en vous mettant debout face à nous : qu

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