Et si Jérôme Kerviel, le trader à l'origine des 5 milliards d'euros de pertes enregistrées par la Société générale (Socgen), était aussi en partie responsable du mini-krach de lundi ? Ainsi que de la réaction exceptionnelle de la banque centrale américaine (la Fed) qui, pour éviter une contagion à Wall Street, avait décidé de baisser de 75 points de base ses taux directeurs ? Depuis jeudi, la polémique enfle sur la manière dont la direction de la Société générale a réagi après avoir découvert les contrats à terme sur actions achetés par son jeune trader.
La banque a en effet commencé à déboucler la position construite par Kerviel à partir de lundi, alors que la crise financière liée aux subprimes venait de connaître un nouveau rebondissement. A savoir que les rehausseurs de crédit - ces entreprises qui assurent une partie des risques de marché - manquaient de faire faillite. Le tempo était donc très mal choisi. Et il a sûrement amplifié la baisse. «Le nombre d'options que la Socgen a dû mettre sur le marché [on évoque plus de 500 000 contrats à terme pour une exposition de l'ordre de 50 milliards d'euros, ndlr] a pesé sur les marchés», assure un analyste financier. Qui comprend, après coup, pourquoi il a vu autant de volumes d'échange sur les contrats à terme. La Socgen, elle, réfute cette interprétation. Interrogé jeudi, Philippe Collas, responsable du Global Investment à la Socgen, rejetait l'accusation d'avoir contribué au krach : «Les volumes habituelleme




