«Impossible de passer une journée sans vérifier le cours de mes actions. Cela m'occupe. J'adore ! D'habitude, je fais des marges avec les monnaies et des titres assez bas soudain réévalués, mais depuis cet été c'est presque impossible. La mauvaise conjoncture rend les profits rares et difficiles.» Setsuko H., femme au foyer de 47 ans, s'est découvert il y a cinq ans un nouveau passe-temps à la maison : l'achat (avec les bonus de son mari et l'argent du ménage) et la vente de valeurs et titres boursiers sur Internet, pendant que son époux, ingénieur dans l'électronique, sue au bureau. «Un jeu risqué, reconnaît-elle, qui cause des maux de tête. Les titres des grandes entreprises [telles Sony ou Toyota, ndlr] sont en forte baisse depuis des mois, et j'ai été piégée par le soudain raffermissement du yen par rapport à l'euro et au dollar.»
Le plongeon des derniers jours n'arrange rien. L'indice Nikkei (les 225 premières valeurs) de la Bourse de Tokyo a décroché de 9,4 % depuis le 1er janvier. Plusieurs millions de shufu (femmes au foyer) de tous âges, jeunes femmes célibataires ou «parasites» (vivant aux crochets de leurs parents) paient au prix fort ces jours-ci ce sport national : le courtage en ligne individuel. A Kobe, une femme au foyer âgée qui avait mal spéculé vient de perdre 8 millions de yens (52 000 euros) en une nuit. En août, en pleine crise des subprimes, les petits porteurs nippons, shufu comprises, ont perdu 1,7 milliard d'




