De notre correspondante au Caire. Latifah ben Hamed est en colère. Pire. «Blessée», dit la jeune femme. Le mois dernier, Latifah a reçu une convocation de son employeur, le Centre français de culture et de coopération, au Caire (CFCC). «On m'a laissé le choix entre démissionner et partir avec des clopinettes, ou être licenciée avec encore moins. J'ai travaillé loyalement pour la France pendant des années, et on nous jette comme des moins que rien !» Employée depuis quatorze ans par le service culturel de l'ambassade de France, elle a occupé divers postes, documentaliste ou agent administratif, pour un salaire de 3 200 livres égyptiennes (plus de 370 euros) par mois. A peine plus que ce que touchait Tamer Kashef, informaticien, lui aussi remercié.
«Test». Vingt-quatre heures de réflexion, pas de préavis et pas de négociation. Comme eux, ils sont quinze recrutés locaux à être brutalement licenciés. Enseignants, chauffeurs, personnel d'accueil. De petits salaires, au regard de ceux touchés par le personnel français, même s'ils s'avèrent convenables pour l'Egypte où le revenu moyen avoisine les 100 euros. De source proche de la direction, on lie cette mesure à la décision du Quai d'Orsay de baisser de 11 % le budget du centre. «Ce qui s'est passé ici est un test pour les autres restructurations qui vont intervenir ailleurs dans le monde, d'où la rigidité de Paris», ajoute-t-on.
Grève. «Des économies de bout de chandelle !» lâche un agent français, en




