Faut-il maintenir à tout prix l'objectif fixé par l'Union européenne, il y a un an, de 10 % de biocarburants dans les transports d'ici à 2020 afin de promouvoir les énergies renouvelables ? Le rapport de la Banque mondiale (BM) épinglant la responsabilité des carburants d'origine végétale dans la crise alimentaire (lire ci-contre) tombe à pic pour attiser la controverse entre les Etats membres de l'UE. Hasard de calendrier, les biocarburants figurent en effet à l'ordre du jour de la dernière journée de réunion des ministres européens des Vingt-Sept qui planchent, depuis jeudi, au parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) sur les mesures concrètes nécessaires à l'Union pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par rapport au niveau de 1990) à l'horizon 2020.
«On peut être pour ou contre les biocarburants, mais on ne peut pas dire n'importe quoi», a rétorqué, vendredi, le porte-parole du commissaire européen à l'Energie à l'évocation du rapport de la BM. Plus prudente, la secrétaire d'Etat française à l'Ecologie, Nathalie Koscuisko-Morizet, a estimé que «tout rapport qui établit un lien entre hausse des prix alimentaires et production de biocarburant est à verser au dossier, puisque c'est un souci dont nous débattons». Face à la multiplication des études critiquant les carburants d'origine végétale, la priorité des responsables européens est de définir des critères adéquats pour en encadrer la production et en limiter l'impact négatif. Les biocarburan




