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«Biutiful Cauntri» voit Naples en nature morte et accuse à tout-va

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Publié le 16/07/2008 à 4h19

Le mal récurrent des ordures, qui frappe depuis une quinzaine d'années Naples et sa région, semble avoir trouvé une certaine caisse de résonance. Deux films dénoncent ce dysfonctionnement nauséabond : Gomorra de Roberto Saviano, présenté au festival de Cannes, sortira en salles au mois d'août. Biutiful Cauntri (orthographié phonétiquement pour rendre l'accent anglais lorsque le titre est lu par un Italien) fait son apparition aujourd'hui sur les écrans parisiens (1). Ce documentaire dresse un triste tableau.

Effractions. Cette première création rageuse d'Esmeralda Calabria, fidèle monteuse de Nanni Moretti et qui a également travaillé sur Romanzo Criminale et le Caïman, dénonce les pratiques inacceptables et souvent frauduleuses de toute la chaîne des déchets dans la région. Un constat alarmant qu'est encore venu confirmer le «Rapport Ecomafia 2008», publié il y a un mois par Legambiente. L'ONG écologiste - qui note scrupuleusement toutes les effractions environnementales en Italie - a une nouvelle fois insisté sur le côté collectif des responsabilités : la mafia certes, mais aussi l'administration, les entreprises. jusqu'aux particuliers eux-mêmes.

«Le problème de la région de Campanie est très grave. On en parlait déjà dans les années 60, rappelle Esmeralda Calabria, qui a construit son documentaire avec Andrea d'Ambrosio, un professeur d'histoire de l'université de Naples, et le journaliste Peppe Ruggiero, un des rédacteurs du rapport de L

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