Pour les sociétés d'autoroutes, tout va bien. Merci. Leurs chiffres d'affaires ont nettement progressé en 2007 : + 7,88 % en moyenne, pour un montant total de plus de 7,3 milliards d'euros (1). La bataille acharnée pour remporter les concessions, lors de la privatisation des autoroutes en décembre 2005, en valait donc bien la peine. Vinci (propriétaire du groupe ASF, + 6,1 %, 465,1 millions d'euros de bénéfices), Eiffage (groupe APRR, + 7,9 %, 341 millions d'euros de bénéfices) et Abertis (groupe Sanef, + 8,8 %, 197 millions d'euros en 2006) touchent le jackpot. Un jackpot toujours plus important, puisque 96 % à 98 % du chiffre d'affaires de ces sociétés proviennent des recettes péages, et que les automobilistes sont toujours plus nombreux à passer à la caisse. En 2007, le trafic sur les autoroutes payantes a encore augmenté de 3,8 %. «La période actuelle est plutôt bonne, reconnaît Jean-René Argouarc'h, directeur de l'exploitation d'APRR. Grâce à l'augmentation du trafic, la hausse des tarifs autoroutiers et la poursuite de la réduction progressive des taux de remise aux abonnés poids lourds comme le demande une directive européenne.»
«A la hâte». C'est justement l'augmentation postprivatisation de ces tarifs qui a fait bondir la Cour des comptes. Dans un rapport, en février, elle a sérieusement épinglé les concessionnaires d'autoroutes. Selon les magistrats, leur politique tarifaire est «opaque pour les usagers» et «incohérent




