En voilà une bonne affaire : c'est sans rien payer qu'un ministre camerounais a récupéré, il y a quelques années, une bouteille de 75 cl remplie de diamants. Il avait débarqué dans un village du département de la Kadéi, dans l'est du pays, pour demander l'autorisation d'extraire la pierre précieuse de la rivière. Les habitants avaient accepté. jusqu'à ce que son «représentant» disparaisse, sans régler les salaires des paysans qui travaillaient pour lui et les derniers diamants qu'ils avaient trouvés. «Il y a beaucoup d'histoires de ce type par ici», soupire Pierre, un ancien orpailleur. Selon lui, beaucoup de personnalités qui gravitent autour du pouvoir pillent l'or et le diamant dont la Kadéi est riche. De fait, le département, enclavé et frontalier de la Centrafrique, est peu développé, malgré ses nombreux chantiers d'exploitation artisanaux : ses routes sont des pistes défoncées, le réseau téléphonique rare, l'électricité inexistante ou régulièrement coupée.
Mafieux. Largement informelles, les filières de l'or et du diamant du Cameroun, par lesquelles transite aussi une partie du diamant centrafricain, sont contrôlées par des réseaux mafieux d'acheteurs maliens, sénégalais ou nigérians, accuse un responsable camerounais. Ces trafiquants profitent de la situation de survie des mineurs, souvent des paysans ou des jeunes sans emploi, pour leur imposer un système de crédit abusif et les payer sans suivre de règles, explique-t-il. Le prix d'achat du gramme d'or v




