Membre de la délégation brésilienne au titre d'observateur, Adhemar S. Mineiro est économiste au sein de la confédération syndicale brésilienne, Rebrit. Il décrypte les enjeux des négociations actuelles à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Qu'attendez-vous d'un possible accord ?
Pour notre gouvernement, un accord multilatéral ferait l'affaire. Sa priorité est d'avoir accès aux marchés des biens agricoles des pays riches, comme l'Union européenne et les Etats-Unis. Et dans le même temps, il défend des mesures douanières efficaces pour protéger notre industrie, notamment chimique ou automobile. Aujourd'hui, toutes les usines implantées au Brésil par Renault ou Volkswagen redoutent le futur déferlement des voitures chinoises et sud-coréennes.
Qu'en pensent les syndicats ?
Pour nous, mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord. Pour les petits paysans, les accords que l'on négocie en ce moment à Genève renforceront l'opposition entre une agriculture paysanne de subsistance et une agriculture intensive destinée à l'exportation. Pour les ouvriers, ces accords peuvent entraîner à moyen terme la perte de 5 à 12 millions d'emplois selon les coefficients et les formules douaniers que l'on appliquera. C'est inacceptable.
Que proposez-vous ?
Nous préférons prendre le temps de rediscuter les termes du débat. Chez nous, l'inflation varie de 6 à 10 % selon les catégories de la population. Depuis vingt ans, nous assistons à une dégradation des conditions de vie des plus pauvres, à des do




