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Libération

Subprimes : mensonges et aveuglement

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Publié le 26/08/2008 à 4h43

Depuis un an, la planète finance vit au rythme de la crise. Celle des subprimes. Retour sur douze mois d'une période qui a vu toutes les certitudes d'un milieu battues en brèche au travers de déclarations faites un peu trop rapidement. Et qui se retrouvent démenties par les faits.

«L'innovation financière a apporté une multitude de nouveaux produits comme les crédits subprimes, dont les prêteurs sont capables d'évaluer efficacement le risque. Cela a profité aux consommateurs qui auparavant se voyaient refuser des crédits.»

Alan Greenspan, ex-président de la Fed, avril 2005.

Dans la réalité, les prêteurs ont été incapables d'évaluer efficacement le risque posé par les emprunteurs modestes. Ou alors ils ne s'en sont pas souciés, leur objectif étant de revendre les crédits subprimes à d'autres établissements financiers. Quant aux ménages pauvres, ce système d'emprunt leur a permis de se loger. Mais provisoirement. De plus en plus d'emprunteurs ont été incapables de rembourser leurs crédits. Et se sont vu mettre à la porte de la maison. Le nombre de saisies immobilières tourne autour de 260 000 par mois, soit 50 % de plus que l'an dernier.

«Il n'est pas de la responsabilité de la Réserve fédérale de protéger prêteurs et investisseurs des conséquences de leurs décisions financières.»

Ben Bernanke, président de la Fed, 31 août 2007.

Le président de la Fed énonçait une théorie intitulée «aléa moral». Les banques ayant multiplié les placements hasardeux mais rémunérateurs sachant qu'ils s

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