Dans cette période de crise, où tous les responsables financiers doutent, où mêmes des ultralibéraux comme le secrétaire d'Etat au Trésor américain, Henry Paulson, aident des établissements financiers privés comme Fannie Mae et Freddie Mac (lire page 16), il y a un homme qui ne change pas, c'est Jean-Claude Trichet. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui a pour seul objectif de combattre l'inflation, a encore fait très fort en fin de semaine dernière.
Alors que les banques doivent se recapitaliser pour éviter la faillite (dernière en date, Natixis, qui a lancé une augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros jeudi), que la récession menace en Europe (- 0,3 % de croissance pour le PIB au deuxième trimestre en France), que les Etats-Unis, pays où la crise a débuté, affichent un taux de croissance largement positif (1,8 %) grâce, entre autres, à la Réserve fédérale qui a baissé drastiquement ses taux (passés de 5 à 2 %), Trichet a réaffirmé jeudi et vendredi qu'il n'avait qu'une seule chose en tête : l'inflation. La BCE a annoncé jeudi qu'elle ne toucherait pas à son principal taux directeur (qui reste inchangé à 4,25 %) et, vendredi, son président a déclaré : «Nous sommes engagés à assurer la stabilité des prix et nous ferons ce qui est nécessaire pour remplir cet objectif.» Ajoutant même que la lutte contre l'inflation servait à lutter contre la crise : «Des institutions stables et des politiques monétaires stables sont plus que jamais nécessair




