A crise exceptionnelle, sauvetage historique. Ces derniers jours, les financiers avaient sorti leurs livres d'histoires pour évaluer l'ampleur de la crise. A l'image d'Alan Greenspan, l'ex-président de la Federal Reserve, pour qui la crise des subprimes dépassait celle de 1929. De la même manière, le plan annoncé vendredi laisse augurer une remise en cause profonde du capitalisme financier américain. A l'image du New Deal de Frankin D. Roosevelt, qui, pour mettre fin à la Grande Dépression, avait à partir de 1933 conduit une politique interventionniste, modifié le rôle de l'Etat, et réparti plus justement les richesses.
Junk bonds. Pour l'instant, on n'en est pas là. Le plan Paulson - du nom du secrétaire au Trésor - constitue avant tout une socialisation des pertes des banques. Et cela, les Américains en ont l'habitude. En 1989, l'administration Bush père avait dû intervenir pour sauver des acteurs financiers de la faillite : les Savings &Loans (S&L). Il s'agissait de caisses d'épargnes locales, qui offraient des crédits immobiliers aux particuliers. Au début des années 1980, les S&L s'étaient engouffrées de manière imprudente dans la déréglementation et avaient acheté des actifs très risqués, comme les junk bonds («obligations pourries»). Pour éviter une faillite généralisée de ces établissements, le gouvernement n'avait eu d'autre choix que de créer une structure à financement public, la Resolution Trust Corporation, chargée de reprendre les actifs des S&L. Un sauvetage qu




