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Libération

Faut-il sauver les banquiers ?

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Publié le 30/09/2008 à 7h15

La crise financière va-t-elle conduire à un retour en force de l'Etat sur la scène économique et sociale ? Il est trop tôt pour le dire. Au moins est-il utile de dissiper quelques malentendus et de préciser les termes du débat. Les sauvetages de banques et les réformes du système de régulation financière orchestrés par le gouvernement américain ne constituent en soi pas un tournant historique. La rapidité et le pragmatisme avec lesquels le Trésor américain et la Federal Reserve adaptent chaque jour leur doctrine et se lancent dans des nationalisations temporaires de pans entiers du système financier sont certes impressionnants. Et même s'il faudra du temps pour connaître le coût final net pour le contribuable, il est possible que l'ampleur des interventions en cours dépasse les niveaux atteints dans le passé. On parle maintenant de montants compris entre 700 et 1 400 milliards de dollars, soit entre 5 et 10 points de PIB américain, alors que la débâcle des Savings and Loans des années 80 avait coûté environ 2,5 points de PIB.

Il reste que ce type d'interventions dans le secteur financier se situe dans une certaine mesure dans la continuité des doctrines et des politiques déjà pratiquées dans le passé. Les élites américaines en sont convaincues depuis les années 30 : si la crise de 1929 a pris une telle ampleur et mené le capitalisme au bord du gouffre, c'est parce que la Federal Reserve et les autorités publiques ont laissé les banques s'effondrer en refusant d'inject

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