Charles Morris fut banquier, avant de diriger une entreprise de logiciels spécialisés dans les instruments financiers utilisés par les banques. En 2005, il prédit un crash sans précédent et trouve un éditeur se risquant à publier ses prévisions, pourtant à rebours de la pensée économique ambiante encore toute à l'euphorie des nouveaux instruments financiers faiseurs de fortune à Wall Street. La déroute à mille milliards de dollars, sorti au début de cette année, devient un best-seller sur la liste du New York Times. Il rit aujourd'hui de «l'erreur» de sa prédiction. «Pour la deuxième édition, je corrigerai le titre, et je passerai à deux mille milliards.» Encore à contre-courant des commentaires en cours, Charles Morris se dit effaré par les mesures prises par les différents gouvernements et la Réserve fédérale américaine pour sortir de la crise. Le salut des marchés, mais surtout de l'économie réelle, ne peut, selon lui, se passer d'une réelle récession pour purger le système.
Les mesures prises par les gouvernements vous laissent dubitatif, pourquoi ?
Parce qu’il y a un problème sous-jacent à cette crise que l’on ne parviendra pas à régler par le seul sauvetage des marchés financiers. Il s’agit de la dette des ménages. Entre 2000 et 2007, les Etats-Unis ont produit des biens de consommation et des services d’une valeur de 92 500 milliards de dollars mais en ont consommé pour 97 000 milliards, soit une différence de 4 500 milliards de dollars pour l’essentiel à la charge des ménages. Les ménages ont emprunté cette




