La révélation par Oxfam France-Agir ici (Libération du 22 octobre) de plusieurs centaines de millions d'euros de coupes budgétaires programmées dans les projets de lutte contre la pauvreté en Afrique subsaharienne a, manifestement, embarrassé Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Coopération. Au moment où les leaders du G20 se penchent sur les maux de la finance mondiale, oublier les promesses faites depuis des années aux plus pauvres du globe n'est pas une option que la France, présidente de l'Union européenne, peut assumer publiquement.
Le ministère a donc revu sa copie. Il a annoncé avoir décroché un minimum de 40 millions d’euros supplémentaires, dès l’an prochain. Cette nouvelle, bien tombée lors de la présentation à l’Assemblée du budget 2009 de l’aide publique au développement (APD), ne saurait pourtant éclipser certaines contradictions ni le montant total des retards sur les promesses faites, chiffré en milliards d’euros.
Depuis plusieurs mois on savait, en effet, que la première manifestation concrète de la rupture assumée de Nicolas Sarkozy avec l'engagement de consacrer, dès 2012, 0,7 % du revenu national à l'APD, se trouverait dans le budget 2009. C'est effectivement le cas. Mais un glissement sémantique a eu lieu dès février dans un discours au Cap par le chef de l'Etat. Le Président a parlé non plus de l'aide mais d'une hausse des «engagements financiers français bilatéraux pour l'Afrique subsaharienne». La formule visait à préparer le virag




