C’est officiel : les Etats-Unis sont en récession. L’annonce a été faite lundi par le Bureau national de la recherche économique (NBER), qui a calculé que la déroute avait commencé il y a un an, en décembre 2007. Dans la foulée, l’indice Dow Jones a chuté de 7,7 %. Pour remédier à cette récession, d’ores et déjà plus longue que les deux précédentes (en 1990 et 2001), la Réserve fédérale a annoncé la semaine dernière un nouveau plan de sauvetage de 800 milliards de dollars (634 milliards d’euros) qui s’ajoute au précédent, de 700 milliards de dollars, lancé en octobre par le Trésor. Quel bilan tirer de ces tentatives de juguler la crise ? Entretien avec Barry Bosworth, conseiller économique du président Carter de 1977 à 1981 et expert en politique monétaire et économique à l’Institut Brookings, un think tank basé à Washington.
La crise a débuté avec la transformation des prêts hypothécaires en actifs financiers, ce qui a eu pour résultat de rendre impossible la renégociation de ces prêts. Ce problème de base est-il toujours présent ?
C'est le problème fondamental, et il est toujours sans solution. Jusqu'ici, le gouvernement, en lançant ces plans de sauvetage, a tourné autour du pot en s'attaquant aux effets secondaires de la crise. Il doit absolument trouver le moyen de stabiliser le marché immobilier, qui est à l'origine de la tourmente. Tant qu'il y aura des prêts à surprimes [ dits «subprimes», ndlr] défaillants, les prix de l'immobilier vont continuer à chuter, aggravant la situation. Le gouvernement a été pour l'instant incapable d'y remédier. Pas tant parce qu'il est compliqué d'identifier les centaines de détenteurs de ces prêts mis en Bourse, mais parce que ces




