Après des années de mise au placard, un certain nombre de pays industrialisés redécouvrent soudainement la politique fiscale comme outil de régulation macroéconomique. Essayons de comprendre les raisons de ce revirement. Depuis vingt ans, un scepticisme diffus s’était installé sur l’efficacité de la relance fiscale. Contrairement aux taux d’intérêt qui peuvent être modifiés à tout moment, il faut du temps pour décider d’un plan de relance. L’expérience montre qu’en général le processus budgétaire est si lent que, lorsque le plan de relance est décidé, qu’il est voté au Parlement, que les dépenses (ou baisses d’impôt) sont affectées et que les effets de celles-ci commencent à se faire ressentir sur l’activité économique, la crise est déjà terminée et la relance vient trop tard, au moment où l’activité est déjà repartie et où il serait plus judicieux de réduire le déficit. Non seulement l’effet de la relance sur la croissance est tardif, mais les estimations empiriques montrent que l’effet n’est pas énorme. Un euro de dépenses publiques augmente le PIB d’à peu près un euro, et le «multiplicateur» keynésien est donc assez faible. Du coup, les économistes ont conclu qu’il était plus judicieux d’utiliser la baisse des taux d’intérêt comme outil de relance.
Face à ces éléments peu encourageants, pourquoi ce revirement aujourd’hui ? Le mécanisme spécifique de la récession actuelle, l’assèchement du crédit, rend d’abord le levier de la politique monétaire quasi-impuissant. Les autori




