Ils travaillent beaucoup, sont peu payés, n'ont aucun droit et ne peuvent rien dire de peur de perdre leur emploi. Mais les «saisonniers» agricoles des Bouches-du-Rhône ont trouvé un allié : la Halde (la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Dans une délibération du 15 décembre, celle-ci met fin à une fiction tenace : ces travailleurs n'ont rien de saisonniers, et ils doivent obtenir des CDI. Car ce sont des permanents maintenus dans ce statut «très défavorable» de saisonniers, via l'usage «abusif» des contrats dits OMI (Office des migrations internationales).
Maroc. Ces contrats permettent d'employer des saisonniers pendant six mois seulement. Mais comme ils sont prolongés à huit mois par dérogation, ils autorisent de fait l'emploi de permanents à des conditions précaires, ce qui constitue un «contournement du dispositif légal». La Halde dénonce «l'absence de contrôle de l'administration», qui couvre la pratique. Dans les Bouches-du-Rhône, où ce procédé exceptionnel est devenu la norme, 4 000 travailleurs, à 95 % originaires du Maroc, sont concernés
«Une connivence de la préfecture, de la direction départementale du travail et de la FDSEA [syndicat agricole, ndlr], assure une main d'œuvre servile et bon marché à une agriculture qui en a besoin pour survivre», résume Hervé Gouyer, du Codetras (collectif de défense des travailleurs étrangers dans l'agriculture, basé à Marseil




