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Goodwin, le chevalier noir de RBS

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Les pertes colossales de la banque qu’il dirigeait jusqu’en novembre ont obligé Londres à la nationaliser en partie. Elles pourraient aussi lui coûter son titre de Sir.

Publié le 22/01/2009 à 11h16, mis à jour le 22/01/2009 à 11h16

Game over pour Sir Fred. Le «pire banquier du monde», selon Newsweek, va-t-il perdre son titre de chevalier de l'Ordre de l'empire britannique? Frederick Goodwin, 50 ans, a déjà perdu son job de patron de Royal Bank of Scotland (RBS), fin novembre. Viré par le gouvernement qui venait recapitaliser cette institution au bord de la faillite. Il est parti sans bonus - il avait touché 3 millions d'euros en 2007 - mais avec 10 millions d'indemnités de retraite, après huit ans passés à la tête d'une petite banque écossaise qu'il avait réussi à transformer en un groupe financier de taille mondiale. Ce petit empire s'est écroulé avec la crise. Les nouveaux dirigeants de RBS ont annoncé lundi l'ampleur du gouffre : des pertes estimées pour 2008 à… plus de 30 milliards d'euros. L'action RBS a re-replongé, jusqu'autour de 10 pence. Elle en valait 60 fois plus il y a deux ans.

Tronçonneuse. Coupable, Sir Fred ? Coupable, a tranché Gordon Brown. «Oui, je suis en colère sur ce qui est arrivé à RBS», a lancé le premier ministre dénonçant le «comportement irresponsable» de l'ancienne équipe. Mais coupable de quoi ? Il n'y a eu ni fraude, ni pyramide, ni manipulations comptables. Juste coupable, selon certains, d'avoir appliqué à la lettre la consigne de Tony Blair et Gordon Brown d'«adaptation à la mondialisation» d'une économie fondée sur le développement du capitalisme financier. Ça a marché durant une décennie, avec des taux de

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