Les banquiers gagnent-ils à tous les coups ? C’est en tout cas la fâcheuse impression qu’ils donnent. Alors que le gouvernement est en train de mettre à leur disposition une nouvelle tranche d’aide de 10,5 milliards d’euros, la Société générale a annoncé hier un bénéfice de 2 milliards d’euros pour l’année 2008 et vu son action grimper de 10 %. A quoi bon alors aider des banques qui gagnent de l’argent, tout en continuant à restreindre le crédit et à verser des dividendes à leurs actionnaires ?
Les dividendes des actionnaires sont préservés
La mise en scène a été parfaite. Si parfaite que c'est à se demander si tout cela n'a pas été monté de toutes pièces. Reprenons. Jeudi dernier, à Vesoul, le président de la République lance sa traditionnelle diatribe contre les banques sur le thème : il n'y aura pas de nouvelles aides sans contreparties supplémentaires. Il en fixe trois : le financement de projets précis, la limitation des dividendes et le gel des bonus des dirigeants. Le lendemain, la Fédération française des banques fait la mauvaise tête : pas question d'obtempérer sur les bonus puisque la question de la rémunération des dirigeants relève des conseils d'administration. Mardi, convocation à l'Elysée des banquiers, qui ressortent une heure plus tard, la mallette entre les jambes : il n'y aura pas de bonus en 2009. Le lendemain Le Parisien titre «Sarkozy fait plier les banquiers». Opération de com gagnée. Mais si l'Elysée a bien obtenu le gel de




