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Libération

Un seul remède à la crise : la politique

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ParPierre-Yves Geoffard
chercheur au CNRS
Publié le 03/02/2009 à 6h52, mis à jour le 03/02/2009 à 6h52

L'ouverture des colonnes de Libération (27 janvier) au philosophe Alain Badiou a permis à celui-ci, à défaut de présenter les détails de son projet politique, d'en préciser les principes essentiels : «l'idée d'une société dont le moteur ne soit pas la propriété privée, l'égoïsme et la rapacité». Ce projet fait écho à de nombreuses interventions du Forum social mondial, qui énoncent également comme objectif de dépasser la compétition (délétère, forcément délétère), et d'encourager la coopération de chacun au service de tous. En somme, pour changer le monde, il faudrait changer radicalement l'homme, tant il est peu contestable que l'égoïsme - sinon la rapacité - constitue un trait de caractère presque universellement partagé, à la racine de la nature humaine.

Curieusement, on trouve aussi écho de cet agenda démiurgique dans les déclarations de certains participants du Forum économique mondial de Davos. Ainsi, il faudrait «moraliser» les affaires, les dirigeants d'entreprise devraient faire preuve d'«éthique», et la solution serait d'établir un «serment de Davos» selon lequel les managers s'engageraient à «ne pas exploiter les gens ou à utiliser les ressources de manière décente». Doit-on rire ou pleurer d'une telle candeur ? On se souvient aussi des vibrants appels de Nicolas Sarkozy aux responsables des banques françaises à faire preuve de retenue, notamment en renonçant cette année à leurs bonus.

Certes, l’absence de coopération est au cœur de la cri

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