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Le triste succès des ouvriers d’Intissel

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Social. Après une grève, les salariés ont obtenu d’être indemnisés si leur société était liquidée.

ParHaydée Sabéran
WATTRELOS, envoyée spéciale
Publié le 14/02/2009 à 6h51, mis à jour le 14/02/2009 à 6h51

Ils pensent que leur site est condamné à mort, pourtant ils ont repris le travail mercredi après trois semaines de grève et disent qu'ils ont «gagné». Gagné quoi ? Pour les 74 ouvriers de l'usine textile Intissel à Wattrelos (Nord), la victoire, la voilà : on leur a promis que si leur site était placé en liquidation judiciaire, ils seraient indemnisés par leur actionnaire, le groupe Chargeurs.

Bientôt liquidés, c'est probable. Mais indemnisés, c'est promis. Et par les temps qui courent, c'est toujours ça de gagné. «De très belles avancées après vingt jours de piquet de grève», estime Amar Hamadane, délégué CGT, qui refuse de donner des chiffres, promesse faite à la direction. «On est le petit village gaulois. A soixante bonshommes, on a réussi à faire plier des gens qui parlent en milliards. Chargeurs, c'est aussi Pathé, le producteur de Bienvenue chez les Ch'tis. Ils voulaient mettre les Ch'tis dehors. Eh bien, écrivez dans votre article que les Ch'tis ont gagné.»

«Neuf, pas plus». L'histoire se passe sur la zone industrielle de Wattrelos, près de Roubaix, entre La Redoute et une casse de ferraille. Intissel, usine chimique de textile non-tissé pour l'habillement, fabrique entre autres des renforts intérieurs de cols et de manches. L'usine travaille «pour Zara, Rodier, et l'automobile», racontait mardi un ouvrier sur le piquet de grève. «Mais surtout, elle dépend à 60 % de l'actionnaire, Chargeurs, dont on est

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