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Interview

Profits : «La règle des trois tiers n’est pas applicable partout»

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Entreprises. Ex-DRH de PSA, Jean-Luc Vergnes revient sur la politique salariale du groupe :

Publié le 18/02/2009 à 6h51, mis à jour le 18/02/2009 à 6h51

Il vient de quitter le poste de DRH de PSA, qu’il occupait depuis dix ans. Jean-Luc Vergne, désormais président de l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes), réagit aux pistes ébauchées par Nicolas Sarkozy et les syndicats, à l’occasion du «sommet social» qui s’ouvre aujourd’hui à l’Elysée (lire aussi pages 4 et 5).

Que pensez-vous de la règle des trois tiers appliquée aux bénéfices (l’investissement, l’actionnaire et les salariés) préconisée par Sarkozy ?

A PSA, nous avons été parmi les premiers à signer un accord mondial sur la redistribution de la marge opérationnelle. Je suis pour le partage, mais je ne suis pas sûr que la règle du tiers soit applicable partout. Elle le serait plus facilement dans les services, où il n’y a pas de gros investissements industriels. Et puis dans des grands groupes internationaux comme PSA, la plupart des bénéfices proviennent des activités à l’international. Les salariés du groupe à l’étranger pourraient réclamer à juste titre ce tiers.

En 2007, le groupe a reversé 351 millions d’euros de dividendes aux actionnaires et 149 millions aux salariés (intéressement et participation). Pour 2008, PSA versera-t-il des dividendes alors que les salariés ne toucheront pas d’intéressement et juste 4 millions de participation ?

Attendez l’assemblée générale. Les dividendes seront en baisse, ils prendront en compte la dégradation de la performance financière du groupe, c’est évident.

Certains syndicats souhaitent que le Smic et les salaires soient augmentés. Faut-il relancer l’économie par la demande… notamment pour assurer des débouchés à PSA ?

Avant de partir, j’ai proposé 1 % d’augmentation générale, en prévision d’une inflation de 0,5 % à 0,8 % en 2009. Je vous rappelle que, chez PSA, le salaire minimum est 9 % au-dessus du Smic. Si Nicolas Sarkozy prend des mesures qui permettent d’augmenter les ressources - comme supprimer la première tranche d’impôt ou augmenter les allocations familiales -, quelle qu’en soit la forme, c’est bon. Mais des mesures qui agiraient sur le Smic déstabiliseraient les grilles sala

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