De toutes les attaques qui fusent ces dernières années contre le secret bancaire, la dernière est la plus douloureuse : jeudi, les autorités américaines ont contraint la première banque helvétique, UBS, à leur livrer les noms de 250 titulaires de comptes en Suisse. Dans la foulée, la banque accepte de régler une amende de 780 millions de dollars (600 millions d’euros) pour avoir aidé des Américains à échapper au fisc. En piétinant le secret bancaire - contre la Constitution qui le garantit -, UBS pense avoir échappé au pire. Cruelle naïveté : vendredi, nouvelle salve des États-Unis. La justice de Floride lance une procédure contre UBS pour qu’elle dévoile l’identité de 52 000 titulaires de comptes non déclarés, pour près de 20 milliards de dollars. Dans la Confédération, cette offensive de l’administration Obama est très mal vécue.
Quelle mouche a piqué UBS ?
Déjà mal en point (le contribuable helvétique y est allé de sa poche pour 4 milliards d’euros à l’automne), le géant bancaire n’avait plus le choix : il balançait une série de noms à Washington ou il prenait le risque de voir sa licence à Wall Street révoquée. Or la banque réalise une partie non négligeable de son volume d’affaires outre-Atlantique, plusieurs centaines de milliards de dollars. Après consultation avec le gouvernement fédéral à Berne, il a donc été décidé d’accepter le chantage américain et de diffuser cette liste de 250 clients. La banque et le gouvernement suisses ont foulé aux pieds la justice de leur pa




