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«C’est immoral !»

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Réactions à Gonfreville où 329 postes sont condamnés.

Publié le 11/03/2009 à 6h52

«La surprise n'est pas réelle, c'est son ampleur qui nous choque», dénonce le délégué FO Arnaud Ruffray. «On s'attendait bien à un mauvais coup, depuis deux ans qu'ils n'investissaient plus. Mais pas à ce point-là. Après 14 milliards d'euros de bénéfice en 2008, c'est immoral mais je n'ai jamais vu un actionnaire moral», note Philippe Saunier, délégué CGT (syndicat majoritaire). Ici, dans la zone industrielle du Havre, le site de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), bâti en 1933 sur un marais asséché de l'estuaire de la Seine, est la plus importante raffinerie du groupe Total Petrochemicals France, avec 1 136 salariés et une capacité de distillation de 16 millions de tonnes sur deux unités. En vertu des plans annoncés hier, une unité du site devrait s'arrêter, les activités pétrochimiques de l'ex-usine d'Atofina être réduites et l'usine de Notre-Dame-de-Gravenchon fermée. En 2007, Total y avait bien inauguré son hydrocraqueur de distillats pour transformer des fuels lourds en produits plus nobles : 550 millions d'euros, «le plus gros investissement réalisé depuis vingt ans dans une raffinerie française», avait noté Thierry Desmarets, l'ex-patron du groupe. Mais d'autres investissements ont été gelés en raison d'un climat social tendu. «Un emploi dans la pétrochimie, c'est cinq emplois de sous-traitance», assure la CGT. Le directeur de la raffinerie de Gonfreville, Gérard Roussel, nous a affirmé, hier, que 770 millions d'euros seraient investis d

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