En direct et sur toutes les télévisions, l’affaire Madoff passe au stade judiciaire. Celui qui est sans doute le plus grand escroc de l’histoire de la finance a finalement plaidé coupable. Prétendant habilement qu’il est le seul responsable d’une gigantesque fraude, expliquant qu’il aurait trompé ses employés, sa famille et apparemment les régulateurs, qui n’ont rien vu. L’explication de cette star déchue de Wall Street paraît un peu courte. Surtout en ces temps de moralisation et de contrôle du capitalisme. L’affaire Madoff est loin d’avoir révélé tous ses secrets. La justice américaine ferait bien de remonter le fil de cette fraude et montrer comment pareille filouterie a pu échapper à tous les systèmes de contrôle et s’assurer que Madoff n’a bénéficié d’aucune complicité. L’affaire Madoff, quelle que soit la spécificité de ce grand criminel en col blanc, est aussi une inculpation du système capitaliste américain. Madoff est exemplaire d’un monde financier dévoyé, arrogant et imperméable aux règles de base de la société. Le «financier» sera sans doute puni et finira sa vie en prison. Mais cette condamnation ne met pas fin à l’affaire. Il est difficile de croire qu’un homme seul a pu alimenter pendant des années une fraude aussi gigantesque et finalement assez grossière. Pourquoi tous les organismes de régulation et de contrôle ont-ils ignoré les avertissements répétés de certains de leurs enquêteurs et de nombre des concurrents de Madoff ? Comment les banques les plus répu
EDITORIAL
Punir
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Publié le 13/03/2009 à 6h51
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