Il est trois heures du matin, dans la nuit de mardi à mercredi. Ils disent qu'ils n'auraient «jamais pensé finir» leur «carrière chez 3M dans ces conditions». Les salariés du site pharmaceutique 3M de Pithiviers, dans le Loiret, séquestrent depuis mardi leur directeur industriel pour exiger «de meilleures conditions» de licenciement. «Nous avons le plan social le plus bas du marché, dit Patrice Pailloux, délégué CGC. 3M, dont les résultats financiers sont excellents, doit assumer sa responsabilité sociale.»
«Ça fait mal». A ses côtés, il y a Edwige, trente-huit ans de maison. Elle ne cache pas son amertume : «Je fais partie des 110 personnes que la direction prévoit de licencier et je sais que je ne retrouverai pas de travail sur Pithiviers. Les autres sociétés du cru vivent la même chose que nous.» Elle n'accepte pas le revirement de la direction. «Ils nous ont toujours félicités pour notre travail et l'image de marque de la boîte que nous contribuons à améliorer sans cesse grâce à nos efforts. Et là, ils nous jettent. Ça fait mal.» Laurent, le plus jeune salarié de 3M, avec ses onze années d'ancienneté, ne décolère pas : «Ils se foutent de notre gueule. De toute façon, je n'ai plus envie de bosser pour ces cons. J'attends la fin des négociations, je prends mon enveloppe et je me casse.»
«Déterminés». Pendant que les négociations se poursuivent dans le bureau du directeur, d'autres salariés commentent l'actualité




