Depuis toujours, elle était la banque des ploucs : ses managers ne recevaient pas de bonus, ce n'était pas le style de la maison. Elle ne participait pas aux acrobaties de la finance internationale, pas sa tasse de thé. Elle se contentait de prêter à des clients, petits ou moyens, et de collecter les dépôts d'épargne. La banque Migros, propriété du groupe de grande distribution du même nom, leader des supermarchés dans la Confédération, ne faisait pas de vagues. Ses clients n'étaient pas spécialement fiers d'avoir leurs comptes chez elle, d'ailleurs ce n'est pas là qu'on allait chercher sa carte de crédit Platinum. Les temps changent. Il y a quelques jours, le Financial Times, bible des milieux d'affaires, encensait la banque Migros : «Ce style de pratique bancaire est ce qui se fait de mieux actuellement. C'est une banque morale, au taux de croissance extraordinaire.»
Les malheurs des géants arrogants comme UBS profitent aux nains sympathiques : en 2008, les dépôts de la banque Migros sont passés de 2,6 milliards de francs suisses (1,7 milliard d’euros) à 24 milliards (16 milliards d’euros), ce qui en fait l’établissement helvétique, et peut-être européen, le plus dynamique.
La banque a su capitaliser sur l'image débonnaire du groupe Migros, reconnaissable à son logo, un «M» majuscule orange, visible d'un bout à l'autre de la Suisse. Fondée en 1925, l'entreprise est un conglomérat de sociétés organisée en fédération de coopératives. Elle gagne beaucoup d'argent,




