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PORTRAIT

Le parcours d'un «arrogant»

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L’ex-banquier n’aura finalement pas résisté aux scandales et à la pression du chef de l’Etat.

Publié le 30/04/2009 à 6h51, mis à jour le 30/04/2009 à 6h51

Avec la démission de Daniel Bouton de la présidence de la Société générale, c'est un symbole qui s'efface. Celui du patron arrogant, méprisant et ayant un goût prononcé pour les stock-options. Même lors de son dernier entretien en tant que président, l'homme a donné toute la mesure de son incapacité à se remettre en cause. «Oui, j'ai fait une erreur, a-t-il déclaré au Figaro.Celle de ne pas avoir refusé ce plan de stock-options.» Mais pour tout de suite ajouter : «Le comble étant que les options sont à mon sens les instruments les mieux adaptés à la situation actuelle : elles permettent d'associer, sans trop grever les coûts de l'entreprise, des milliers de personnes à la traversée de la tempête.» Bref, selon lui, Bouton a fait une erreur : celle d'avoir raison contre tout le monde.

Larmes. Mais demander à un homme de changer de comportement à 59 ans, alors que ce même caractère lui a permis de faire carrière, n'est-ce pas demander l'impossible ? Issu d'une famille modeste, Bouton a été lauréat du concours général, a fait Sciences-Po, l'ENA, et est devenu inspecteur des finances à 23 ans. Il a ensuite occupé des postes importants dans l'administration : directeur de cabinet au ministère délégué au Budget sous Alain Juppé entre 1986 et 1988, puis directeur du budget. A partir de 1991, il pantoufle à la Société générale, dont il devient le PDG en 1997. Deux ans plus tard, il résiste avec acharnement à une OPA de BNP Paribas.

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