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Interview

«Le handicap de l’Europe, c’est son incapicité à coopérer»

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Les économistes Philippe Chalmin et Evariste Lefeuvre s’opposent sur une éventuelle sortie de crise :

Publié le 19/06/2009 à 6h52

Entretien croisé avec Philippe Chalmin, professeur d’économie à Paris-Dauphine, et Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis.

Partagez-vous l’analyse de l’Insee qui estime que nous touchons le fond de la crise ?

Philippe Chalmin :Oui, et c'est même au premier trimestre de 2009 que l'économie mondiale a touché le fond. C'est aussi le moment où les deux moteurs de l'économie mondiale ont redémarré. Je parle là de la Chine et des Etats-Unis. De très nombreux indicateurs, notamment celui des directeurs des achats des grandes entreprises, reprennent des couleurs. Les destructions d'emplois ralentissent, le marché de l'immobilier a touché le fond, la consommation des ménages repart, à l'image de la consommation d'essence. Quant à la Chine, elle a mis en place un plan de relance qui se traduit par des investissements publics importants.

Evariste Lefeuvre : On est passé d'une crainte de dépression à la confirmation d'une récession grave. Si les signes de stabilisation sont là, ils militent surtout en faveur d'une moindre détérioration que d'une amélioration de la conjoncture. L'Insee a donc raison de rester très prudente sur le «retour à la normale» de l'économie française en 2010.

Une amélioration en Chine et aux Etats-Unis sera-t-elle suffisante pour tirer le reste de l’économie mondiale ?

P.C. : Je ne suis pas d'un optimisme béat. La récession se poursuivra dans de nombreux pays : des pays émergents

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