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Contre le CO2, la Suède entend donner l’exemple

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Le pays promeut la taxe carbone, instaurée en 1991.

ParAnne-Françoise Hivert
STOCKHOLM, de notre correspondante
Publié le 02/07/2009 à 6h52, mis à jour le 02/07/2009 à 6h52

L'Europe entend réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % d'ici à 2020 ? Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE depuis hier, propose à ses collègues d'instaurer une taxe carbone dans leurs pays. Car, dit-il, «c'est l'outil le plus efficace» pour réduire les émissions de CO2. Et il en sait quelque chose. Cette taxe existe depuis 1991 en Suède, où personne n'oserait plus la remettre en cause. Depuis son arrivée au gouvernement, en 2006, la coalition de centre droit l'a d'ailleurs réévaluée trois fois, à 1 050 couronnes (soit 95 euros) la tonne de CO2. Prélevée sur les hydrocarbures, le charbon et le gaz naturel, elle vise à réduire la consommation d'énergies polluantes, en renchérissant leur prix proportionnellement à leur contenu en carbone. La taxe représente, par exemple 0,22 euro par litre d'essence, 240 euros par tonne de charbon et 275 euros par mètre cube de fioul domestique. Le dispositif rapporte entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an.

Impact.Chaque hausse est compensée par une baisse des charges sociales ou de l'impôt sur le revenu, pour en atténuer l'effet sur les ménages et les entreprises. Son efficacité ? «C'est une des mesures qui nous a permis d'obtenir une forte croissance, tout en réduisant de 9 % nos émissions de CO2», estime Emma Lindberg, spécialiste du changement climatique à la Société suédoise pour la protect

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