Une hirondelle ne fait pas le printemps. Une rafale de bons chiffres - disons plutôt de moins mauvais - ne fait pas une reprise. Il reste qu'en quelques jours, le climat économique a changé. Les Bourses repartent à la hausse, les banques délabrées à l'automne annoncent des résultats flamboyants et, sans vergogne aucune, des bonus. Paul Krugman, gourou économique et grand pessimiste, affirme : «Nous n'aurons pas de seconde grande dépression.» Ces annonces feront rire jaune les ouvriers licenciés de Continental, New Fabris ou Amora. La bataille de l'emploi, la seule qui compte, n'est pas gagnée.
On se méfiera aussi de ces prévisions venant de ces mêmes experts qui n’avaient pas vu venir la crise. Il reste que ces indices montrent que cette fois-ci, le monde a su réagir à la dépression. Surtout aux Etats-Unis, où Obama, à l’encontre de tous les canons libéraux, a insufflé des milliards de dollars dans l’économie, en travaux publics et autres investissements. Pour le moment, ces signaux fastes n’ont pas encore atteint l’Europe, et en particulier la France, «en récession profonde», selon le FMI. Il est vrai que le plan de relance de Sarkozy n’avait ni la même ampleur ni la même ambition que le plan américain. L’Europe aussi s’est montrée particulièrement timorée et divisée malgré la gravité de la crise.
De quoi faire craindre un découplage entre les deux grands ensembles économiques mondiaux, avec une reprise plus forte et plus rapide en Amérique qu’en Europe.
Parce que l’A




