Il en est de la crise financière et économique un peu comme de la pandémie de la grippe A (H1N1) : on ne sait jamais très bien si ce qu’en disent les médias est à la hauteur du problème ou bien dans l’excès et la dramatisation ou bien encore, au contraire, dans la sous-estimation et la banalisation. A l’automne dernier, à l’évidence, la crise était une immense catastrophe, comparable à la Grande Dépression de 1929. Née aux Etats-Unis, dans des secteurs relativement délimités, des dérives du crédit immobilier et du crédit à la consommation, la crise financière s’étendait au monde entier, et envahissait la vie économique et sociale. La croissance allait s’effondrer. Les pronostics politiques complétaient le tableau : la crise allait engendrer des violences, des émeutes, des phénomènes de racisme et de xénophobie, elle allait alimenter les extrêmes, à droite comme à gauche, et peut-être même serait-elle l’antichambre de nouveaux totalitarismes, comme ce fut le cas dans les années 30.
Un an après son déclenchement médiatique, le discours sur la crise a bien changé. Experts, politiques et médias semblent penser désormais, dans l’ensemble, que le pire est passé. Les prévisions de croissance sont à la hausse, la chute du PIB, là où elle était annoncée, sera, nous dit-on, moins grave que prévu. La Chine (avec 8 % de croissance) ou l’Inde (avec 6 %) devraient, grâce à la demande intérieure qui y demeure forte, maintenir cette année des taux de croissance élevés, contribuant ainsi à ti




