C’est l’une des plus grandes affaires de corruption jamais vues en Chine. Kang Rixin, 56 ans, était le directeur de la toute-puissante China National Nuclear Corporation, société publique dominant le secteur nucléaire chinois civil et militaire. Il vient d’être démis de ses fonctions et mis en examen, accusé d’avoir détourné l’équivalent de 182 millions d’euros ces dernières années.
La commission disciplinaire du Parti qui l’interroge actuellement se penche entre autres sur les conditions d’attribution d’un contrat au groupe français Areva, pour la construction d’une centrale nucléaire dans le sud du pays. C’était en 2007, un contrat de 8 milliards d’euros, signé lors de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine. Areva a démenti avoir versé des pots-de-vin à qui que ce soit pour ce contrat.
Peine de mort. Kang est aussi accusé d'avoir investi illégalement en Bourse plusieurs dizaines de millions d'euros de fonds publics, qu'il a perdus avec la crise. L'homme risque aujourd'hui la peine de mort. Kang n'est pas un bouc émissaire subalterne, il était aussi membre du Comité central du Parti, l'élite dirigeante du pouvoir chinois, dont les membres sont rarement inquiétés publiquement.
Cette mise en examen intervient en pleine campagne anticorruption en Chine, probablement la plus profonde en soixante ans de régime communiste, avec des responsables de très haut niveau récemment punis de façon spectaculaire. Le mois dernier, le président de Sinopec, plus grand groupe pétr




