Après des années de débats et de salaires records dans le secteur privé, les Pays-Bas ont été le premier pays au monde à adopter une fiscalité spéciale pour les PDG des sociétés cotées en Bourse. C'était le 9 septembre 2008 et, depuis le 1er janvier, ces derniers sont imposés à 30 % sur leurs primes si elles dépassent un salaire annuel net de plus de 500 000 euros. Avant l'adoption de cette loi sur les «gros salaires», le PDG d'Unilever avait menacé de déplacer son siège à l'étranger. Aucun mouvement de départ ne s'est produit depuis. «Nous aurions pu aller plus loin que cette loi mais les Pays-Bas ne voulaient pas être les premiers à agir directement sur les primes», explique Cees Kools, membre de la commission Frijns, chargée de veiller au respect du code de bonne conduite des entreprises.
Depuis que Barack Obama s'est opposé aux primes de la société d'assurances américaine AIG, en mars, un tabou a été levé. L'argument choc du patronat néerlandais, selon lequel il ne faudrait pas faire des Pays-Bas «un îlot séparé du reste du monde», a beaucoup faibli. Dans un pays où, en 2008, les actionnaires ont commencé à refuser les augmentations des PDG et administrateurs en assemblée générale, on estime d'ailleurs suivre la tendance. «Les augmentations des dirigeants qui ne sont pas liées à des performances sont aussi contestées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis», rappelle Jan Maarten Slagter, directeur de l'Association des actionnaires néerla




