BNP Paribas qui provisionne 1 milliard d'euros pour les bonus de ses traders, Goldman Sachs qui annonce des bénéfices trimestriels de 3,4 milliards de dollars et s'apprête à distribuer 12 milliards de dollars à ses traders méritants, le CAC 40 qui a repris 35 % depuis six mois… A peine un an après le déclenchement de la crise la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale, le casino de la finance mondiale est rouvert. Les banques sauvées de la faillite fin 2008 se sont dépêchées de rembourser les gouvernements, ou s'apprêtent à le faire. Elles ne veulent plus de la tutelle de l'Etat afin de se remettre à spéculer comme si de rien n'était. «C'est le paradoxe, mais elles ressortent encore plus puissantes de cette crise», reconnaît sous couvert d'anonymat un haut fonctionnaire français. La crise est déjà un mauvais souvenir. Preuve supplémentaire, la capitalisation boursière des banques a retrouvé son niveau d'avant la crise. A l'heure où le deuxième G20 de l'histoire se réunit à Pittsburgh, et malgré les déclarations des politiques promettant que «rien ne sera plus comme avant», la finance n'est toujours pas sous contrôle, et elle s'apprête, dans l'enthousiasme, à bâtir de nouvelles bulles financières. Et donc de nouvelles crises.
«Bagarres». Ce paradoxe s'explique par les politiques adoptées par les pouvoirs publics, fin 2008. Les gouvernements avaient mis en œuvre des plans d'aide se comptant en centaines de milliards d'euros tandis qu




