L’Allemagne salue la mémoire de Reinhard Mohn, le patriarche de Bertelsmann, décédé samedi à 88 ans. «Mohn le Rouge» avait cédé les rennes de son empire depuis près de vingt ans à son épouse, Liz. Dans les faits, l’ombre du patriarche planait sur toutes les décisions stratégiques prises par l’ex-standardiste, rencontrée en 1958 lors d’une fête d’entreprise. Reinhard et Liz Mohn incarnent ce «capitalisme social» considéré comme l’un des piliers du miracle économique allemand.
C'est à contrecœur que son père confie à Reinhard les commandes de la petite imprimerie familiale, après la guerre. Le père, proche des nazis, n'a plus le droit d'exercer, et le fils aîné est tombé au début de la guerre. Mais le second couteau va faire de Bertelsmann (clubs de livres, télévision avec RTL, Internet avec un temps AOL…) le 4e groupe mondial de communication avec 100 000 salariés et 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Au-delà des difficultés actuelles du groupe, dans le sillage de la crise du marché publicitaire, Bertelsmann reste outre-Rhin synonyme du «modèle rhénan».
Reinhard Mohn place en effet le salarié au centre de son concept de management. Loin des cotations boursières et du principe, roi dans les années 90, de la création de valeur, Bertelsmann conserve un style patriarcal. Le patron publie plusieurs ouvrages de philosophie de la gestion pour défendre sa théorie du management : décentralisation, responsabilisation de chacun, et culture du partenariat entre directio




