Mardi matin, après une première nuit passée sur le site de Semoy (Loiret) en compagnie de leur directeur séquestré, les «Rohm and Haas» - dont l’entreprise a été rachetée en avril par Dow Chemical - affichaient une légère satisfaction : les médias nationaux étaient là et la direction semblait prendre un peu plus au sérieux leur action. Depuis plusieurs mois, les 97 salariés de ce spécialiste américain des colles et adhésifs tentent d’enrayer un plan de restructuration qui prévoit leur disparition d’ici fin 2010, l’actuelle production devant être délocalisée.
Hier, à la veille de la réunion du comité central d'entreprise qui doit se tenir au siège parisien, ils réclamaient «une prime de préjudice». Des grévistes faisaient part de leur amertume. «Ce qu'on voulait nous, c'était travailler, c'est pas compliqué», pestait Christian Herpin, délégué CFDT du groupe. «Ils ont mis 31 millions d'euros dans l'enveloppe du plan de sauvegarde de l'emploi. Cet argent aurait pu servir à maintenir l'emploi.» A ses côtés, Alain Romero, un conseiller municipal du cru, confirmait : «C'est un gâchis humain et industriel. L'outil est performant, les carnets de commandes sont garnis et les compétences sont bien là.» Sur le trottoir d'en face, un petit groupe faisait le décompte : «La fermeture de notre boîte, c'est au moins 450 suppressions d'emplois indirectes. Parce que si on n'a plus d'argent, on ne consomme plus. C'est ça, qu'ils veulent ?»
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