Elle est blanche, il est asiatique, elle est café au lait. Sur la page d'accueil du site internet du groupe Randstad «acteur majeur dans l'univers des ressources humaines depuis plus de 50 ans», ces trois jeunes gens affichent un sourire radieux. Ils sont censés incarner le visage de cette entreprise, signataire le 9 mai 2005 de la charte de la diversité, et titulaire depuis le 9 janvier 2009 du label diversité. Dans son rapport annuel 2008 sur le développement durable, Casino met également en scène un représentant de la diversité. La photo montre un homme jeune, noir, vêtu d'une chemise et d'une cravate - donc cadre - apparemment en train d'expliquer quelque chose à deux employés en blouse penchés au-dessus d'un congélateur. Au-delà de l'affichage, les groupes Randstad et Casino offrent-ils réellement à leurs salariés d'égales perspectives de carrière quelle que soit leur origine? Quid des 2 504 entreprises signataires de la charte de la diversité? Et de la vingtaine de titulaires du label diversité?
Une charte officielle
En octobre 2004, Claude Bébéar (président du conseil de surveillance du groupe AXA et de l'Institut Montaigne, «institut de réflexion politique indépendant») et Yazid Sabeg (président du conseil d'administration de CS communication et systèmes) lancent la Charte de la diversité. «En la signant, ces entreprises s'engagent à lutter contre toute forme de discrimination et à mettre en place une démarche en faveur de la dive




