C’est la fin d’une institution. Les catalogues de vente par correspondance Quelle, véritable bible de la ménagère, vont être liquidés faute de repreneur : 7 000 emplois sont en jeu en Allemagne ainsi que 17 filiales à l’étranger dont Quelle France. Ces catalogues font partie depuis quatre-vingt-deux ans du quotidien des Allemands : vêtements, électroménager, ameublement… Quelle («La source», en français) a apporté les délices de la société de consommation dans les campagnes pendant des décennies. Mais la vente par correspondance, dopée par les Trente Glorieuses puis par l’avidité des Allemands de l’Est après la chute du Mur, connaît une grave crise depuis la fin des années 90 et le développement d’Internet.
Fondée par Gustav Schickedanz en 1937, l'entreprise tente un sauvetage en 1998 via la fusion avec les grands magasins Karstadt. Le rapprochement de deux modèles en perte de vitesse et les différents plans de restructuration et revirements stratégiques décidés par la direction vont accélérer le déclin. En septembre, Karstadt et Quelle sont placés en redressement judiciaire. «Nous avons mené d'intenses négociations avec 15 repreneurs potentiels, constate Hubert Görg, l'administrateur judiciaire du groupe. Aucune n'a abouti et, à présent, nous ne voyons pas d'autre issue que la liquidation.»
Le syndicat Verdi ne voit plus aucune chance de sauver les 7 000 emplois en Allemagne. Environ 3 000 autres postes sont aussi menacés chez Deutsche Post, dont la filiale




