Entre les banques et les collectivités locales, la crise est déclarée. Après des années de bonne entente, nombre de mairies et de conseils généraux accusent les établissements qui leur ont prêté de l'argent de les avoir mal conseillés. Et certains n'hésitent pas à utiliser des noms d'oiseaux. En première ligne, Dexia, traitée d'«arnaqueur» par Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis.
En cause, les produits structurés commercialisés par Dexia et d’autres établissements à partir de la fin des années 90. A l’époque, les taux fixes sont élevés et les collectivités cherchent à faire baisser la charge de leur dette. Elles se laissent alors convaincre par leurs banquiers de substituer leurs prêts pépères à taux fixe par des prêts structurés à taux variable, offrant des mensualités de remboursement moins importantes. Mais en contrepartie, le risque est beaucoup plus élevé : ces prêts ont la particularité d’être indexés sur l’évolution comparée de devises étrangères, comme le franc suisse, le yen, la livre ou le dollar… En cas de forte chute d’une monnaie par rapport à une autre, les taux d’intérêt peuvent grimper de manière exponentielle.
Lorsque la crise éclate, à l’automne 2008, et que Dexia doit être recapitalisée par les Etats belge et français, les collectivités revoient totalement leur politique. Jusque-là, il était naturel de faire confiance à sa banque. Mais la faillite de Lehman Brothers ou le sauvetage de Dexia montrent que même les ba




