Jean-Marie Harribey, maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux-IV, remet en cause la légitimité de l’OMC.
Que vous inspire la situation de l’OMC ?
C’est la panne. Mais ne soyons pas dupes. Elle continue à marteler son credo : «Seule l’ouverture des frontières commerciales permettra au plus grand nombre de personne d’accéder au développement humain.» Mais aujourd’hui, elle en avance un second : «L’ouverture des marchés va contribuer aux efforts pour atténuer les changements climatiques.»
Une affirmation importante pour l’OMC ?
Oui. La réunion ministérielle qui se tient en ce moment à Genève précède le grand rendez-vous de Copenhague. Bien sûr, on parlera des blocages, notamment des subventions à l’agriculture dans les pays riches. Mais les tenants de l’ouverture commerciale expliqueront qu’il faut libéraliser les biens et les services environnementaux, comme par exemple la distribution de l’eau. A l’OMC, le climat est de plus en plus un élément de discussion.
De quoi renforcer sa légitimité ?
Tout est bon à prendre pour tenter d’en gagner un peu. Mais ce qui se joue à l’OMC est important. Ainsi, les «mécanismes de développement propres», qui sont l’un des trois mécanismes du protocole de Kyoto, se discutent aussi à l’OMC. Ils permettraient aux entreprises du Nord d’investir dans les pays du Sud par le biais de technologies propres et d’obtenir ainsi des crédits carbone qui pourraient être réutilisables au Nord ou négociables sur les marchés des permis d’émissions. Il existe une synergie entre l’OMC et la conférence de Copenhague.
En quoi est-ce une menace ?
Qu’une fois ce mécanisme adopté, l’OMC décid




